A l’aube d’un nouveau format

Ce lundi matin de remise en liberté avait des airs de grand signe de « pas de précipitation », malgré les trombes d’eau tombant allègrement…

Pour le moment rien n’a bougé, le rythme est le même pour moi que ces dernières semaines. Même fenêtre à ma gauche, même clavier au bout des doigts, même 4 murs que je connais désormais au-delà du par cœur.

Il a fallu apprendre à gérer l’arrêt net. S’organiser vite. S’éloigner de la frénésie des écrans, des infos anxiogènes, de la re-création numérique d’un monde à cent à l’heure dans une sphère ralentie. Débrancher pour se reconnecter à soi. Se créer une bulle de protection, un rythme. Faire rentrer le télétravail dans un espace qui ne lui était pas adapté. Accepter le mélange des sphères. Repenser ses échappatoires de dépense physique. S’accrocher à une discipline. Accepter l’immobilité. La solitude. Le face à face avec soi-même.

Il y a eu des moments moins simples que d’autres, des doutes, des angoisses, beaucoup de questions.
Il y a eu des kifs, des découvertes, des avancées, de bons moments.

Ces dernières semaines forment un tout inédit. Une traversée qu’on n’aurait pas forcément pensé vivre.

A l’aube d’un nouveau format, je repense à toutes ces choses qui m’ont fait tenir, qui ont donné du rythme et de la chaleur à un quotidien bien solitaire. A ceux avec qui j’ai parcouru ces semaines en échangeant quotidiennement. A ceux-là qui comptent plus que tout et qui sont les piliers de mon petit univers.

J’ai fait partie de ceux que l’idée du confinement effrayait complètement. Je fais partie de ceux à qui le déconfinement n’apparaît pas tant libertaire si l’on veut jouer la carte de la prudence.

C’était dur de ne voir quasiment personne pendant toutes ces semaines : sera-t-il plus facile de revoir ceux qui comptent, mais « de loin » et sans effusions ? Avec précaution et en réprimant tout élan ?

Bien sûr, on ne pourra pas rester cloîtré indéfiniment, bien sûr il faut se relancer en jouant de prudence.
Néanmoins, réapprendre le monde après cette bulle si particulière n’est pas forcément simple.

Mais ce qui change c’est d’avoir une petite perspective de souplesse. De savoir qu’on peut si jamais. Qu’il y a un dehors praticable plus sécuritairement, même si l’horizon est flou. Ça change rien, mais ça change tout.

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