Archives pour la catégorie 'Cinéma'

10avr

Citation – Bye Bye Blondie

En regardant le film Bye Bye Blondie il y a quelques temps, un passage m’avait marquée, mais je n’avais pu relever qu’une phrase. Un hasard de mauvais timing et de séances complètes m’ont fait revoir ce film.
Et relever ainsi le passage complet.

Combien on aura regretté quand il est trop tard,
quand ça défile une dernière fois avant de perdre quelques grammes d’âme ?
Combien pèse ce qui a été étouffé pour faire plaisir aux autres ?
Pour faire envie aux autres, pour montrer aux autres.
Tout ce temps qu’on y a mis. En vain.
Animaux de races savamment enlacés.

Elle n’avait jamais renoncé à la sauvagerie de l’enfance
Des liens de cruauté, une insouciance anachronique.
Elles n’avaient de savoir sincère que l’une envers l’autre.
Les cadres avaient changés, les objets s’étaient modifiés,
les figurants s’étaient succédés, mais rien jamais ne s’était immiscé entre elles.

Au moment du dernier soupir qu’est-ce qui compte ?
L’évidence d’un désir, une euphorie d’être ensemble,
la lumière sur une peau, un extrait de dialogue ?
Pour une fois elle était d’une seule pièce.
Corps rassemblés par la magie du souffle de l’autre,
elles n’avaient plus envie de lutter contre cela.
Elle partait
Il perdit tout et il était d’accord.

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21fév

Bref, je suis vieille

L’épisode de Bref d’hier soir était différent des autres et totalement émouvant: le personnage principal était une petite vieille dame racontant son quotidien.
C’est Françoise Bertin qui jouait la vieille dame, une actrice que j’ai toujours adorée, de part son côté touchant et malicieux et aussi parce qu’elle me fait beaucoup penser à ma grand-mère, « Mamie Rose ».

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

En regardant cet épisode, j’ai eu le même sentiment qu’à la lecture des Souvenirs de David Foenkinos… et surtout l’envie d’aller voir mes deux grand-mères.

Si je ne fais rien, si je ne me méfie pas,
ce jour viendra
Ni plus ni moins, un peu sans âge
Un peu comme prise dans la cage
du temps, de mon reflet
Mes mains se mettront à trembler
Je regarderai les bus sur un banc
Je n’attendrai même plus le printemps
Qui peut dire « C’est merveilleux »
De devenir vieux…

Rose – Qui peut dire

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18déc

L’année cinéma 2011

A 230-film retrospective that celebrates this year’s movies and their amazing capacity to transport us through the boundaries of space, time, and identity.

Un boulot titanesque: résumer l’année cinéma 2011 en une vidéo.
Et une vidéo superbe qui plus est, très bien rythmée, avec d’excellents extraits musicaux.
Je ne sais pas qui est ce « Genrocks » mais il gagne à être connu !

On croise même quelques images de films français au passage ;)

» Genrocks sur Youtube (avec la version 2010)
» Liste complète des extraits de films utilisés

Edit 27/12/11

Une deuxième vidéo sur le même principe (avec en plus l’excellente « Young blood » de The Naked & Famous en BO …)

» Liste complète des extraits de films utilisés

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04déc

Les adoptés

Au cinéma en général, je vais principalement voir des films français.
Souvent pour l’histoire ou les acteurs. Jamais pour le réalisateur.
Sauf là. L’histoire avait l’air bien, les acteurs aussi, mais il s’agissait aussi du premier film de Mélanie Laurent à la réalisation. Une actrice que j’ai toujours bien aimée, découverte cette année en tant que chanteuse, et dont je suis le parcours avec grande attention.

Synopsis

Une famille de femmes que la vie a souvent bousculée mais qui est parvenue avec le temps à apprivoiser les tumultes. Les hommes ont peu de place dans cette vie et naturellement quand l’une d’entre elle tombe amoureuse tout vacille. L’équilibre est à redéfinir et tout le monde s’y emploie tant bien que mal. Mais le destin ne les laissera souffler que peu de temps avant d’imposer une autre réalité. La famille devra alors tout réapprendre. La mécanique de l’adoption devra à nouveau se mettre en marche forçant chacun à prendre une nouvelle place…

Alors Les Adoptés. Je l’ai vu deux fois.
La première, je suis ressortie en le trouvant bien, mais avec un je-ne-sais-quoi de dubitatif. Peut-être le fait d’y être justement allée avec comme moteur les trois dimensions (histoire/acteurs/réalisation).
La seconde, j’ai adoré. Complètement.

Alors oui, il y aurait quelques critiques à y apposer, mais parfois ce qui importe ce sont les émotions qui nous traversent… et il y en a un sacré paquet dans ce film. Et puis il y a tout un tas de détails qui m’ont vraiment plu…
En vrac :

- Que la première réplique soit « ça va, t’as pas le trac ? », adressée à Lisa (Mélanie Laurent), guitariste; et ait ainsi un écho hors du film.
- Que dans la première scène dans la librairie de Marine (Marie Denarnaud), on voir la couverture de « Just Kids » de Patti Smith.
- Que ce soit Marie Denarnaud justement. Je ne crois pas avoir vu ses films précédents, mais pour moi c’est l’actrice du clip de la chanson Comme elle se donne de Jérôme Attal. Ce même Jérôme qui avait d’ailleurs fait chanter Mélanie Laurent sur Quand tu ne m’aimeras plus.
- Le casting en général : Denis Ménochet et Clémentine Célarié sont excellents et Théodore Maquet-Foucher (Léo) irrésistiblement génial.
- Que quitte à ce que le personnage de Lisa travaille au milieu des violons, la seule cliente que l’on voit soir Sarah Nemtanu, la coach de Mélanie Laurent dans Le concert
- Qu’on s’aperçoive lorsqu’elle attrape sa guitare que Lisa/Mélanie Laurent est en fait gauchère.
- La relation mère/fils de Lisa et Léo
- Les décors en général, l’appartement de Marine en particulier
- Que les images du film soient juste superbes. Et c’est rare que ça me frappe autant au premier visionnage d’un film. Il y a un travail exceptionnel sur les profondeurs de champ, les plans choisis … on peut noter le flou dramatique de la scène de l’accident (NB: je ne spoile rien, on la voit dans la bande-annonce), les plans superbes dans les escaliers lyonnais, la façon dont le mélange des fondus et des flous (aucune idées des termes techniques réels) arrive à faire passer les émotions ressenties par les personnages …
- La présence de ce procédé que j’adore: mettre le dialogue d’une scène en voix-off, alors que ce sont les images réelles que l’on voit (la scène où Alex & Lisa sont sur le banc)
- La dernière scène d’hôpital avec la métaphore de la course
- La musique discrète, mais parfaite. Et cette chanson de Syd Matters en générique :

On n’est pas devenues ce qu’on rêvait d’être mais on s’en sort plutôt pas mal.

» Les Adoptés sur Facebook
» Les Adoptés sur AlloCiné

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23juil

Bel Ami – Trailer

Un jour de 1995 ou 1996, mon cousin a oublié à la maison son livre de Bel Ami, qu’il étudiait au lycée. J’en ai donc profité pour le lire, même si ce n’était pas vraiment une lecture « de mon âge ». Coup de cœur immédiat.

Ce roman retrace l’ascension sociale de Georges Du Roy de Cantel (ou Georges Duroy), homme ambitieux et séducteur (arriviste – opportuniste), employé au bureau des chemins de fer du Nord, parvenu au sommet de la pyramide sociale parisienne grâce à ses maîtresses et à la collusion entre la finance, la presse et la politique.

Depuis, j’ai bien du le lire au moins 5 ou 6 fois et il reste l’un de mes romans naturalistes préférés. (Rien de bien original puisqu’il s’agit d’un très grand classique.)

Mais jusqu’ici aucune adaptation cinématographique ne m’avait attirée, trop vieillottes d’apparence probablement. Alors que celle-ci me tente bien, we’ll see !

» En savoir plus sur le roman
» En savoir plus sur le film

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27fév

127 heures

127 heures - James Franco

Vous recevez une invitation à la projection privée d’un film du nom de 127 heures.
Vous demandez à un collègue qui passe si ça lui dit quelque chose.
Il vous répond qu’il faut absolument y aller.
Vous répondez positivement à l’invitation.
Vous allez voir la bande annonce.
Vous lisez quelques témoignages sur le net, puisqu’il s’agit d’une historie vraie.
Au vu de votre émotivité/petite-nature cinématographique, vous regrettez d’avoir dit oui et appréhendez.
Mais vous y allez quand même.

En chemin, votre collègue vous raconte que dans quelques pays voisins, il y a eu des malaises pendant la projection.
Vous vous montez la tête mutuellement en imaginant les images les plus horribles.
Arrivés sur place, le petit cocktail introductif vous change les idées, mais quand même, vous appréhendez toujours.

Et le film démarre. Immédiatement vous êtes happés. Par les images, le rythme, la musique.
Le sujet est fort, l’acteur principal excellent, vous êtes dans le film.
LA scène arrive. Votre collègue se cache sous son manteau, votre voisine de droite aussi.
Bizarrement pas vous, même si vous ne regardez que d’un œil. Savoir que c’est une histoire vraie aide à surmonter les images.
Le dénouement est poignant, portée par une excellente musique.

Quand arrive le générique, vous êtes toujours scotchés au siège.
Vous sortez lentement.
Ébranlés.
L’air frais de la rue vous fait du bien.
Vous rentrez à pied pour évacuer.

Ce film c’était 127 heures, qui raconte cette histoire vraie.

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28nov

Une leçon de cinéma avec Guillaume Canet

Une leçon de cinéma avec Guillaume Canet

Troisième leçon de cinéma au ciné Gaumont Parnasse. Après Catherine Frot – où j’avais été – et Marina foïs, c’est au tour de Guillaume Canet de se plier à l’exercice. Alors évidemment, puisqu’on me proposait une place pour cet évènement archi-complet, j’ai sauté sur l’occasion.

Pour deux raisons : déjà parce qu’en soit j’aime beaucoup le travail de Guillaume Canet, et aussi parce que mine de rien j’ai quand même passé un an en master de production cinématographique à décortiquer tous les contrats de Ne le dis à personne. D’où un affectif particulier pour ce film et son réalisateur.

Bref me voilà donc en ce jeudi 25 novembre dans une salle de cinéma, deux fois plus grande que pour les deux éditions précédentes, et deux fois plus pleine donc, à attendre l’arrivée de Guillaume Canet. Avec la très bonne BO des Petits mouchoirs subtilement glissée en fond sonore.

Il est apparu tout emmitouflé dans une grosse parka, chapeau sur la tête. L’air un peu ailleurs. Il l’expliquera plus loin: beaucoup de travail, peu de sommeil, un retour des États-Unis … mais il est ravi d’être là.

Et s’ensuivirent 3 heures passionnantes, axées sur ses réalisations, mais également sur ses expériences en tant qu’acteur. La discussion, menée par François Brégaudeau, fût dense, drôle, instructive. Guillaume Canet y est apparu sous un jour vraiment sympathique et surtout comme un véritable passionné qui se donne complètement.

Ces Leçons de cinéma sont décidément très intéressantes. La prochaine aura lieu le 13 décembre, avec Nathalie Baye, toujours au Gaumont Parnasse. Un rendez-vous mensuel qu’il ne faudra point rater s’il perdure l’année prochaine ;)

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Pour ceux que le détail intéresserait, voici un résumé (en gros) des points abordés pendant la soirée :

Guillaume Canet acteur

Même en s’étant lancé dans les Cours Florent, Guillaume Canet s’est toujours vu metteur en scène. Par ce biais, il voulait « comprendre le métier d’acteur » afin de mieux les diriger par la suite.

Le film qui l’a propulsé dans les médias fût La Plage. Mais n’ayant pas voulu spécialement être connu, et ne considérant pas que sa performance dans ce film était inoubliable, il n’a pas joué le jeu du star-system et s’est retrouvé sans propositions pendant un an.

Et puis Vidocq est arrivé. Un film dont il parle comme de sa « pire expérience », pour avoir eu l’impression particulière dans ce film d’être une imposture.

« Les critiques en tant que réalisateur ne me touchent pas car je sais que j’ai fait de mon mieux. Alors qu’en tant qu’acteur, j’ai toujours l’impression que quelqu’un d’autre aurait pu faire mieux ». Une éternelle insatisfaction qui ne le quitte apparemment jamais quand il s’agit de son jeu d’acteur.

Guillaume Canet réalisateur

Courts-métrages
Avant son premier long métrage, Guillaume avait mis à profit les tournages des films où il était acteur, pour tourner quelques courts-métrages, en récupérant la pellicule et en demandant aux équipes de rester 2 jours de plus. Débrouillard dès le début !

Mon idole

Si ce premier film parle de notoriété et d’illusion, de « ce que les gens sont prêts à faire pour être célèbres » ce n’est pas anodin : l’après La Plage y est pour beaucoup.
Un film pour lequel Guillaume relatera qu’ils se sont beaucoup amusés à l’écrire et à la tourner, « même si diriger une équipe déguisé en lapin n’est pas simple ».

L’extrait diffusé – un long plan séquence au début du film -, fera dire à Guillaume qu’« un premier film c’est touchant car on se cherche dans la technique ».

Ne le dis à personne

Extrait 1 – Poursuite
Pour cette scène complexe, seulement 5h de tournage, pour lesquels le périphérique a été bloqué, ce qui n’avait jamais été fait auparavant.
Mathieu Chédid, qui a composé la bande originale du film en live, fera une seule pause : cette séquence.
Car il était parti sur une musique d’action, or « il ne court pas pour échapper aux flics, mais parce qu’il a un rendez-vous ». Une remarque qui permet de voir l’importance que Guillaume accorde au développement minutieux de la psychologie de ses personnages.

Extrait 2 – Dénouement
Si la scène est extrêmement lente, c’est voulu car « jouissif. La lenteur suscite une excitation de savoir qu’ils vont donne les réponses ».

A propos de François Cluzet, Guillaume citera une phrase d’Audiard : « Heureux soient les fêlés car ils laissent passer la lumière ». « La force d’un casting c’est de proposer un rôle à un acteur à un moment juste de sa vie : ce fût le cas pour Cluzet et ce film ».

Les petits mouchoirs

A la question de savoir si on peut s’attendre à un tel engouement – 4,7 millions d’entrées à date -, Guillaume répondra qu’« on l’espère, mais on a du mal à imaginer les gens réceptifs sur un truc si personnel ».

On apprendra également, qu’il a failli jouer le rôle de Laurent Laffite, mais qu’il a renoncé car c’était impossible en dirigeant 8 comédiens. Surtout que le tournage avait lieu dans la continuité pour leur offrir plus de liberté de jeu, donc à plusieurs caméras. Un tournage qu’il qualifiera d’ailleurs de « bordel monstre » à gérer.

Pour lui, le plan séquence qui introduit le film est une métaphore de l’histoire du film : « il y a un flottement puis une interruption violente, ce plan signifie une continuité fracturée, avec le début d’une autre vie ». Il paraît qu’il n’y a qu’un seul raccord sur les 5 minutes … à trouver !

Au sujet de la scène finale, dont beaucoup de critiques ont reproché la longueur, il expliquera que pour lui c’était « impossible de régler ça en 5 minutes. Le film parle d’un état : savoir si on est capable de se remettre en question. Les témoignages sont une manière de comprendre ce qu’ils ont raté et que dans ce malheur ils vont apprendre quelque chose. C’est une émotion que l’on ressent ou pas, mais j’assume complètement la fin ».

Projets

Guillaume vient de terminer le scénario, co-écrit avec James Gray, du remake américain des Liens du sang, où il jouait avec François Cluzet. « L’une des premières fois où en lisant un scénario, j’ai eu envie de le réaliser ».
Tournage l’an prochain.

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26sept

Une leçon de cinéma avec Catherine Frot

Une leçon de cinéma avec Catherine Frot

Lorsqu’on a une DVD-thèque qui est à 80% composée de films ayant Catherine Frot au casting, même si votre agenda a déjà un dilemme de concerts ce soir-là, si le Gaumont Parnasse se lance dans une série de « Leçons de cinéma » avec comme première invitée l’actrice précédemment mentionnée, vous y allez sans trop tergiverser.

Et vous faites bien car il s’est avéré que cette « leçon de cinéma » comportait tout ce qu’il est agréable d’entendre lorsqu’on suit (et aime) le travail de quelqu’un : en l’occurrence, un retour sur la carrière de Catherine Frot, en évoquant ses films les plus marquants, ses souvenirs des débuts, les rencontres marquantes ayant aiguillé ses choix …

François Bégaudeau qui animait la rencontre avait de très bonnes questions et beaucoup d’humour, ce qui rendait la discussion vraiment intéressante. Et celle-ci l’est devenue encore plus lorsque des extraits de films ont été diffusés.

Difficile de revenir sur 25 ans de carrière en deux heures, donc certains films sont passés à la trappe, mais les extraits diffusés ont permis de bien revenir sur les principaux grands traits des personnages que Catherine Frot a interprété, que ce soit dans un registre proche du comique ou plus dramatique.

Ainsi, au sujet de la moustache de chocolat dans Les sœurs fâchées, on apprendra que l’idée est d’elle car « j’aime bien appuyer sur le champignon, que la farce soit vraiment la farce », ou encore que dans Le vilain, elle n’était pas toujours en accord avec les gestes que lui demandait de faire Albert Dupontel; que parfois ce qui apparaît dans une scène comme un petit plus très bien vu – le caillou dans la chaussure dans l’une des scènes de dispute mère/fille de La dilettante – n’était pas prévu à la base : « C’est parti d’un vrai caillou, il faut savoir saisir les ingrédients du hasard » ou que parfois le montage final peut décevoir, comme sur Imogène McCathery : « au cinéma, il y a une part qui vous échappe : la façon dont on vous filme et le visage que l’on vous fait ».

Le dernier extrait était une scène particulièrement réaliste de L’empreinte de l’ange, au sujet duquel Catherine Frot dira avoir été épuise en fin de tournage tellement l’intériorité demandée pour interpréter ce personnage était dure. Un film que pour ma part je n’ai pas encore réussi à revoir tellement il était emprunt de tension, justement.

C’est rare d’avoir l’occasion d’échanger avec une artiste sur son travail et de pouvoir « chipoter », comme elle l’a souligné, amusée, sur certaines scènes et franchement c’est vraiment agréable, même si là en l’occurrence c’était de manière indirecte via François Brégaudeau.

Rencontre fort intéressante donc et qui m’a donné envie de (re)revoir plusieurs des films cités.

« Une leçon de cinéma avec » continue le 19 octobre prochain avec Marina Foïs, et ne tardez pas à prendre des places si cela vous intéresse car c’était vite complet pour celle-ci.

» www.myspace.com/frot_catherine

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28juin

La tête en friche

La tête en friche (Marie-Sabine Roger / Jean Becker)

Pitch

Germain, quasi analphabète, vit sa petite vie tranquille. Sa mère s’est retrouvée enceinte de lui sans l’avoir voulu, il n’est pas cultivé, il est resté « en friche ». Un jour, il fait la connaissance d’une très vieille dame…

Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir vu ce film au cinéma de Neuilly-sur-Seine, entourée de grand-mères, avec la mienne à mes côtés ou si c’est parce que ça parle de livres, d’amitié … mais toujours est-il que ce film m’a vraiment émue.

Bien sûr, la fin est « facile », il y a quelques trucs un peu trop romancés mais il n’empêche. C’est un beau film. Depardieu y est grand, l’ensemble sonne juste, et le poème de la fin résume tout superbement.

En sortant j’ai été directement m’acheter le livre, c’est dire.

4ème de couverture

Ce qu’ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c’est à se demander si c’est vraiment écrit pour vous donner l’envie.
En tout cas, c’est sûr, c’est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors – inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman polyphonique… – et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c’est une histoire qui parle d’aventures ou d’amour – ou d’Indiens. Et point barre, c’est tout.

Ce style d’écriture assez direct, naïf, on le retrouve tout au long du livre. Et c’est prenant. Avoir vu le film avant (ce que je déteste d’ordinaire) permet de repérer les dialogues conservés, les éléments de l’histoire remaniée … et au final j’ai préféré le livre.

L’histoire y est tout aussi touchante, mais plus fine, moins évidente. On voit le monde au travers du regard de Germain et sa naïveté attendrissante. Un régal à lire.

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18juil

The Reader

Article publié à l’origine Le-HibOO.com

Allemagne de l’Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle. Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l’un de leurs jeux consiste à ce qu’il lui fasse la lecture. Il découvre peu à peu le plaisir qu’elle éprouve lors de ce rituel tandis qu’il lui lit L’Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien. Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le cœur brisé. Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna… sur le banc des accusés. Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour… (Fiche Allociné)

The Reader est un film bouleversant. A la fois pour le fil conducteur qui repose sur le récit d’une passion tragique mais aussi pour la période de l’Histoire à laquelle il fait référence. Et ce sont ces deux grands axes et leur mélange qui font la richesse de ce film, et du roman dont il est adapté, Le liseur de Bernhard Schlink.

Kate Winslet interprète avec une grande justesse – qui lui a d’ailleurs valu un Oscar – le rôle d’Hanna Schmitz, une femme mystérieuse et très fermée, difficile à cerner. A ses côtés, le jeune David Kross excelle dans le rôle de Michael Berg, l’adolescent dont la vie va changer suite à sa rencontre avec Hanna. C’est Ralph Fiennes qui reprendra le personnage, apportant une intensité ténébreuse au personnage devenu adulte.

Le film est astucieusement construit en flash-backs, qui permettent de mieux comprendre l’évolution psychologique des personnages, et notamment celle de Michael. En effet, le roman de Bernhard Schlink est écrit à la première personne, facilitant le cheminement des pensées du narrateur, mais dans le film, Stephen Daldry réussit le tour de force d’arriver à faire transparaître à l’écran sans voix off le dilemme intérieur de Michael, qui découvre que la première femme qu’il a aimée est jugée pour crime de guerre nazi.

C’est explicité à plusieurs reprises dans le livre, au moment du procès d’Hanna :

Ne pas comprendre Hanna signifiait la trahir une fois de plus. Je ne m’en suis pas sorti. Je voulais assumer les deux, la compréhension et la condamnation. Mais les deux ensemble, ça n’allait pas.

et de nouveau avant que Michael ne se décide à reprendre contact avec Hanna bien des années plus tard :

J’avais de nouveau le sentiment de l’avoir trahie et d’être coupable envers elle. Et puis je me révoltais contre ce sentiment, j’accusais Hanna, je trouvais facile et trop simple cette manière qu’elle avait d’esquiver sa culpabilité.

Dans le film, cette lutte intérieure est moins explicite mais le jeu de David Kross et Ralph Fiennes la rend palpable et c’est vraiment remarquable.

Kate Winslet quant à elle relève avec brio le défi d’interpréter ce personnage controversé, en réussissant la performance de toujours garder le spectateur dans une oscillation sur l’avis à porter sur le personnage, sans jamais le faire basculer.

The Reader

Le livre de Bernahrd Schlink est une œuvre importante en Allemagne, car l’auteur aborde la question de savoir comment des gens ont pu commettre de telles atrocités mais évite cependant d’entrer sur le terrain d’une rédemption ou d’un pardon apposé à la suite de l’explication.

Le film de Stephen Daldry, au scénario de David Hare, fait de même mais en revanche, la fin de celui-ci est plus abrupte. Le fait qu’Hanna ait passé les dernières années de sa vie à lire des ouvrages historiques sur les camps de concentration et à se documenter sur la période est passé sous silence et les derniers échanges entre elle et Michael sont écourtés, laissant d’elle une image nettement plus insensible que dans l’histoire originale.

Mais cela reste une excellente adaptation, avec quelques ajouts et changements chronologiques intéressants, ainsi que beaucoup d’éléments habilement glissés faisant allusion aux passages occultés du roman.

NB : l’extrait de la bande-annonce où Michael demande où est partie Mme Schmitz semble avoir été supprimée de la version finale …

Film vu à UGC Cergy-le-Haut, salle 14

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