Journal d'un corps – Daniel Pennac

Le mot de l’éditeur

Le narrateur a commencé à tenir scrupuleusement le journal de son corps à l’âge de douze ans, en 1935.
Il l’a tenu jusqu’à sa mort, en 2010, à 87 ans.
Son projet était d’observer les innombrables surprises que notre corps réserve à notre esprit d’un bout à l’autre de notre vie. Ainsi a-t-il finalement décrit toute l’évolution de son organisme.

Le résultat est le roman d’un corps qui tient moins du précis anatomique que de l’univers malaussénien, car Daniel Pennac évite la froideur du constat médical en introduisant à chaque page des personnages, des situations, des dialogues et des réflexions qui font circuler le sang de l’intimité dans ce corps autopsié que le lecteur, souvent, reconnaîtra comme étant le sien.

Un roman à la forme particulière, intéressante de par celle-ci. Bourrés de réflexions intéressantes sur l’évolution du corps à travers les âges d’un individu. Mais pour ma part j’y ai tout de même trouvé quelques longueurs, qui me l’ont fait lire en très morcelé sur plusieurs mois. L’avantage du thème en tout cas c’est qu’on ne perd pas vraiment le fil en le lisant en plusieurs fois.

Morceaux choisis

Nous passons notre vie à comparer nos corps; Mais une fois sortis de l’enfance, de façon furtive, presque honteuse. [p 180]

Ce qui se lit sur nos visages quand nous sommes en société; c’est le désir de faire partie du groupe, l’irrépressible besoin d’en être. [p 185]

Nous pouvons nous gratter jusqu’à la jouissance, mais chatouille-toi tant que tu veux, tu ne te feras jamais rire. [p 255]

Nous sommes tous sujets à ces accès d’enfance. Même les plus âgés. Jusqu’au bout l’enfant revendique son corps. Il ne désarme pas. Des tentatives de réappropriation aussi imprévisibles que des raids. L’énergie que je déploie dans ces moments là est d’un autre temps. Mona s’effraie de me voir courser un autobus ou grimper aux arbres pour cueillir un fruit hors de portée. Ce n’est pas que tu le fasses qui me fait peur, c’est qu’une seconde avant tu ne songeais pas à le faire. [p 259]

« Mon anniversaire » est une expression enfantine que nous traînons jusqu’à notre dernière bougie. [p 293]

A partir de quand cesse-t-on d’annoncer son âge ?
A partir de quand recommence-t-on à le faire ? [p 309]

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