Bensé chante l’amour (et la haine) aux Trois Baudets

  • Date : Jusqu’au 24 juillet 2015
  • Lieu : Les Trois Baudets

Après Georges & Garçons, les Trois Baudets ont fait appel à Bensé cette année pour leur création du mois de juillet.

« La haine n’est pas le contraire de l’amour, c’en est l’envers. » Balzac illustre en 11 mots la beauté et la pureté de la haine engendrée par l’amour déçu.
Bensé redonne ses lettres de noblesse à ce (re)sentiment, au fil d’une quinzaine de chansons de maîtres qui ont foulé les planches des Trois Baudets époque Canetti (1947-67).

Il y a des chansons qu’on ne prend pas la peine de découvrir pour des raisons somme toute assez idiotes comme par exemple parce que leurs interprètes ou leurs arrangements nous semblent démodés, par flemme, ou par découragement face un répertoire que l’on sait de qualité mais tellement vaste qu’il est difficile de savoir par où commencer. Et l’on passe bêtement à côté de textes magnifiques…

C’est une réflexion qui vient à l’esprit à plusieurs reprises en écoutant Bensé aux Trois Baudets dans le cadre de cette création d’été. Si le terrain semble familier de prime abord lorsque l’on reconnaît les musiciens qui entourent Bensé (Jil (Is Lucky), Antoine Kerninon & Steffen Charron), lui apparaît bien vite complètement transfiguré. Chansonnier habité, il livre une interprétation entière, à la fois énergique et à fleur de peau et l’on vit littéralement les textes avec lui.

Les arrangements sont très rock, à en faire trembler parfois les murs de cette salle plus habituée à la chanson française traditionnelle, mais ce n’est jamais trop, ils accompagnent la force des mots en leur insufflant non pas un nouveau souffle mais un souffle plus long, donnant à leur sens un écho complet.

On se prend quelques claques au cours du concert, de vraies, de celles qui vous scotchent au siège, et la plus magistrale est sans nul doute « Les bleus » chantée à l’origine par Régine. Si vous ne la connaissez pas, attendez encore un peu de la découvrir avec Bensé, car son interprétation laisse littéralement pantelant. Citons également l’intensité de Mathilde, l’excellent passage instrumental toutes batteries dehors de Je bois et l’étonnamment mélancolique Dommage que tu sois mort.

En ressortant, on se dit qu’à l’époque il y avait de sacrés auteurs et que ces chansons n’ont pas pris une ride.

En résumé, si vous aimez la chanson française, courrez-y.
Si vous suivez le travail de Bensé, courrez-y pour le découvrir ainsi.
Si vous ne connaissez pas Bensé, courrez-y pour la qualité intrinsèque du concert.
Pour tout un tas de raisons diverses, comme le fait que la salle soit climatisée par exemple, courrez-y.
Parce qu’il reste 4 représentations, courrez-y. Vraiment.


Pour faire durer le spectacle

► Hexagone le Mag a fait un chouette compte-rendu, avec 3 vidéos : Vu de l’extérieur / A mourir pour mourir / Mathilde
► Pour (re)découvrir les chansons originales, une playlist à écouter sur Deezer ou Spotify


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