Lian Ray, from Rhesus to « Rose »

En ce deuxième jour de confinement (et troisième jour de télétravail), je reçois au courrier le vinyl de Rose, le nouvel album de Lian Ray.

Un album à l’histoire particulière, mêlant poignance côté artiste et nostalgie du mien :

2005.
Je suis en échange universitaire à Groningen, une ville tout au Nord des pays bas. En manque de concerts, je vois qu’un groupe français est programmé à l’Eurosonic Festival : Rhesus. Leur album Sad disco est fraîchement sorti, coup de cœur immédiat suivi d’un coup de cœur live quelques semaines plus tard.

2007.
Mon premier stage « dans la musique ». Les maquettes & mises à plat des artistes sont jouées fort dans l’open space. Coïncidence totale d’être tombée chez leur éditeur, et pendant quelques mois mes journées sont rythmées en avant-première par The fortune teller said. Un album que je continuerai d’écouter régulièrement par la suite.

2008.
Aurélien poste sur MySpace les prémices du projet Lian Ray. Les chansons sont plutôt folk, en guitare/voix; parfois plus produites. On a l’impression d’être dans un petit laboratoire créatif. Et au-delà de la musique, il y a un je-ne-sais-quoi de vraiment cool dans ce projet DIY, où il fabrique lui-même des EPs qu’il envoie mensuellement depuis Berlin.

(oui, avec cette histoire confinement, j’ai eu le temps de retrouver pas mal d’archives) (et oui, en 2008 j’avais l’archivisme forcené)

2012.
Au hasard d’un verre avec une amie, on évoque les années de débrouillardises myspaciennes, et les trésors dont cette plateforme recelait, on reparle de ce projet, on essaie de se rappeler le nom de celui-ci… je remonte mes mails et retrouve la trace des commandes de l’époque. J’envoie un petit message pour prendre des news. Silence radio.

2019.
Sursaut de vie sur les internets. Nouvelle chanson, Mateo. Et puis une seconde, Rose, au titre qui me fait d’abord sourire puisqu’en parallèle je travaille sur la sortie de celui de Rose justement.

Et puis rapidement, l’annonce de la sortie de l’album du même nom, Rose donc. Avec un post poignant (malheureusement été effacé depuis donc je ne le retranscrirai pas), où Lian Ray explique la genèse de cet album et le pourquoi de son silence : « This album was made in hell, literally…« .

Composé et enregistré en 2012/2013, inspiré d’une brève histoire avec une femme prénommée ainsi. Avant une spirale infernale de drogues dures, dépression… une période de plusieurs années noires dont l’artiste ne pensait pas réchapper.
Un album miraculé donc, qui sort 8 ans après sa conception. Et dont l’histoire fait drôlement écho à celle du projet Kérosène qui éclot en même temps. Un parallélisme qui ne parlera certainement qu’à moi, mais profondément troublant.

Rose donc.
Un album comme une bulle, une parenthèse planante émergeant de l’histoire d’un amour complexe et destructeur.
Il s’écoute comme un tout, d’une traite. Mais si je devais isoler un morceau, ce serait A game.

I held you, for a day
But it felt, pour toujours, what a fool
Mon amour…
Your love it comes and goes

2020.
L’album est sorti. Lian Ray vit apparemment désormais aux Pays-Bas, et y a repris le chemin des concerts.
A suivre !

Écouter Rose

Tracklist : Rose (Preface) | Rose | Mateo | Demons | Dancing like a flame | Maps | A game | Don’t cry blue eyes | Anything but you | Das drama (Epilogue)


► Retrouvez Lian Ray sur Instagram | Facebook | Site officiel

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