Une leçon de cinéma avec Guillaume Canet

Une leçon de cinéma avec Guillaume Canet

Une leçon de cinéma avec Guillaume Canet

Troisième leçon de cinéma au ciné Gaumont Parnasse. Après Catherine Frot – où j’avais été – et Marina foïs, c’est au tour de Guillaume Canet de se plier à l’exercice. Alors évidemment, puisqu’on me proposait une place pour cet évènement archi-complet, j’ai sauté sur l’occasion.

Pour deux raisons : déjà parce qu’en soit j’aime beaucoup le travail de Guillaume Canet, et aussi parce que mine de rien j’ai quand même passé un an en master de production cinématographique à décortiquer tous les contrats de Ne le dis à personne. D’où un affectif particulier pour ce film et son réalisateur.

Bref me voilà donc en ce jeudi 25 novembre dans une salle de cinéma, deux fois plus grande que pour les deux éditions précédentes, et deux fois plus pleine donc, à attendre l’arrivée de Guillaume Canet. Avec la très bonne BO des Petits mouchoirs subtilement glissée en fond sonore.

Il est apparu tout emmitouflé dans une grosse parka, chapeau sur la tête. L’air un peu ailleurs. Il l’expliquera plus loin: beaucoup de travail, peu de sommeil, un retour des États-Unis … mais il est ravi d’être là.

Et s’ensuivirent 3 heures passionnantes, axées sur ses réalisations, mais également sur ses expériences en tant qu’acteur. La discussion, menée par François Brégaudeau, fût dense, drôle, instructive. Guillaume Canet y est apparu sous un jour vraiment sympathique et surtout comme un véritable passionné qui se donne complètement.

Ces Leçons de cinéma sont décidément très intéressantes. La prochaine aura lieu le 13 décembre, avec Nathalie Baye, toujours au Gaumont Parnasse. Un rendez-vous mensuel qu’il ne faudra point rater s’il perdure l’année prochaine 😉

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Pour ceux que le détail intéresserait, voici un résumé (en gros) des points abordés pendant la soirée :

Guillaume Canet acteur

Même en s’étant lancé dans les Cours Florent, Guillaume Canet s’est toujours vu metteur en scène. Par ce biais, il voulait « comprendre le métier d’acteur » afin de mieux les diriger par la suite.

Le film qui l’a propulsé dans les médias fût La Plage. Mais n’ayant pas voulu spécialement être connu, et ne considérant pas que sa performance dans ce film était inoubliable, il n’a pas joué le jeu du star-system et s’est retrouvé sans propositions pendant un an.

Et puis Vidocq est arrivé. Un film dont il parle comme de sa « pire expérience », pour avoir eu l’impression particulière dans ce film d’être une imposture.

« Les critiques en tant que réalisateur ne me touchent pas car je sais que j’ai fait de mon mieux. Alors qu’en tant qu’acteur, j’ai toujours l’impression que quelqu’un d’autre aurait pu faire mieux ». Une éternelle insatisfaction qui ne le quitte apparemment jamais quand il s’agit de son jeu d’acteur.

Guillaume Canet réalisateur

Courts-métrages
Avant son premier long métrage, Guillaume avait mis à profit les tournages des films où il était acteur, pour tourner quelques courts-métrages, en récupérant la pellicule et en demandant aux équipes de rester 2 jours de plus. Débrouillard dès le début !

Mon idole

Si ce premier film parle de notoriété et d’illusion, de « ce que les gens sont prêts à faire pour être célèbres » ce n’est pas anodin : l’après La Plage y est pour beaucoup.
Un film pour lequel Guillaume relatera qu’ils se sont beaucoup amusés à l’écrire et à la tourner, « même si diriger une équipe déguisé en lapin n’est pas simple ».

L’extrait diffusé – un long plan séquence au début du film -, fera dire à Guillaume qu’« un premier film c’est touchant car on se cherche dans la technique ».

Ne le dis à personne

Extrait 1 – Poursuite
Pour cette scène complexe, seulement 5h de tournage, pour lesquels le périphérique a été bloqué, ce qui n’avait jamais été fait auparavant.
Mathieu Chédid, qui a composé la bande originale du film en live, fera une seule pause : cette séquence.
Car il était parti sur une musique d’action, or « il ne court pas pour échapper aux flics, mais parce qu’il a un rendez-vous ». Une remarque qui permet de voir l’importance que Guillaume accorde au développement minutieux de la psychologie de ses personnages.

Extrait 2 – Dénouement
Si la scène est extrêmement lente, c’est voulu car « jouissif. La lenteur suscite une excitation de savoir qu’ils vont donne les réponses ».

A propos de François Cluzet, Guillaume citera une phrase d’Audiard : « Heureux soient les fêlés car ils laissent passer la lumière ». « La force d’un casting c’est de proposer un rôle à un acteur à un moment juste de sa vie : ce fût le cas pour Cluzet et ce film ».

Les petits mouchoirs

A la question de savoir si on peut s’attendre à un tel engouement – 4,7 millions d’entrées à date -, Guillaume répondra qu’« on l’espère, mais on a du mal à imaginer les gens réceptifs sur un truc si personnel ».

On apprendra également, qu’il a failli jouer le rôle de Laurent Laffite, mais qu’il a renoncé car c’était impossible en dirigeant 8 comédiens. Surtout que le tournage avait lieu dans la continuité pour leur offrir plus de liberté de jeu, donc à plusieurs caméras. Un tournage qu’il qualifiera d’ailleurs de « bordel monstre » à gérer.

Pour lui, le plan séquence qui introduit le film est une métaphore de l’histoire du film : « il y a un flottement puis une interruption violente, ce plan signifie une continuité fracturée, avec le début d’une autre vie ». Il paraît qu’il n’y a qu’un seul raccord sur les 5 minutes … à trouver !

Au sujet de la scène finale, dont beaucoup de critiques ont reproché la longueur, il expliquera que pour lui c’était « impossible de régler ça en 5 minutes. Le film parle d’un état : savoir si on est capable de se remettre en question. Les témoignages sont une manière de comprendre ce qu’ils ont raté et que dans ce malheur ils vont apprendre quelque chose. C’est une émotion que l’on ressent ou pas, mais j’assume complètement la fin ».

Projets

Guillaume vient de terminer le scénario, co-écrit avec James Gray, du remake américain des Liens du sang, où il jouait avec François Cluzet. « L’une des premières fois où en lisant un scénario, j’ai eu envie de le réaliser ».
Tournage l’an prochain.

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