Bensé - Le Printemps

Bensé – Le printemps

En sortant de ce très bon concert de Bensé à La Maroquinerie, je me suis demandé pourquoi je n’avais jamais pris le temps de parler de l’album célébré ce soir.

Probablement parce que ce n’était pas facile, sûrement par manque de temps, très certainement par peur de ne pas réussir à exprimer exactement ce que j’aurais voulu.

Alors que cet album, cela fait des années qu’il est présent par petites touches dans mes oreilles. Les chansons inédites de la fin de la première tournée, les chansons prémices qui ont guidé le chemin de leur auteur vers celles-ci, les chansons testées sur scène dans leur plus simple appareil… si cet album est un carnet de voyage pour Bensé, il est aussi en quelque sorte un journal (avec une perspective différente et de beaucoup plus loin certes, mais tout de même) pour ceux qui ont suivi ses travaux au fil des ans.

Mais donc voilà, le temps file et on oublie parfois de se poser pour parler des albums qui comptent. Ce soir La Maroquinerie n’était pas pleine, mais j’en ai vu des bondées avec nettement moins d’ambiance. Il y avait un aura bienveillant, une participation amicale massive, de la chaleur humaine, et une espèce d’évidence planante. De celles qui font qu’en sortant, on peut traverser Paris en marchant sans se soucier de la pluie battante en réécoutant les chansons qui viennent de rythmer la soirée. Et qui font que subitement on prend la plume.

Bensé - Le Printemps

Le Printemps. Le parcours d’un homme à différentes étapes de sa vie. Une histoire racontée en chansons.
Et si elles ont été écrites à différentes époques, si Bensé en portait certaines en lui depuis déjà plusieurs années, on en redécouvre leur sens ici, au sein de ce cheminement, du Vent qui se lève avant la Tempête menant au Printemps.

Une écriture très lettrée, qui détonne – dans le bon sens du terme – avec ce que l’on peut entendre de nos jours. Et même si celle-ci peut sembler parfois un peu alambiquée ou quelque peu trop chargée par moments, c’est fort agréable de se laisser porter par des chansons bourrées de références littéraires ou mythologiques (les Buendia de Gabriel Marcia Marquez déjà évoqués au premier album refont une apparition, entourés d’un soupçon de Horla, de Charybde, Scylla, Éole et Cassandre…) ou par ces jeux de mots qu’on ne comprend qu’en lisant le texte (En voyage, faussement simple).

L’une des forces de Bensé c’est de faire des chansons aux mélodies qui restent en tête et surtout que l’on a envie de chanter. Impossible de ne pas se laisser tenter sur les sifflements de Jasmin, les lalala d’En Voyage, les refrains de Quelle année et Aux caprices d’Éole… un savant mélange d’ambiances musicales qui fait que l’on passe du solennel à l’entraînant et du poignant au divertissant avec une espèce d’évidence naturelle. Avec de surcroît des arrangements extrêmement bien réussis, Bensé lui-même aux commandes, épaulé par le sieur Samy Osta.

Parmi les titres que l’on pourrait mettre en lumière – en toute subjectivité – il y a La dernière fois, où la voix de Bensé se fait plus basse, profonde et où la rythmique donne cette impression d’une avancée implacable vers un dénouement sans appel; Après la tempête et sa montée en puissance vers ces chœurs fabuleux et cuivrés; et Le printemps pour son apparente douceur qui révèle une chanson à la beauté poignante et prend une ampleur magnifique.

A la fin du Printemps, après la Tempête, Bensé apparaît apaisé, sur une nouvelle lancée.
Nous refermons quant à nous un grand livre d’images fredonnées. Qu’il fera bon rouvrir souvent pour réécouter les meilleurs chapitres.

Peut-être qu’en relisant ce texte plus tard, je me demanderai comment j’ai pu oublier tel ou tel détail, ou pourquoi j’ai présenté cela ainsi, ou me dirai que j’aurais pu faire plus long quitte à avoir attendu autant de temps, mais qu’importe, il me semblait ce soir que c’était le bon moment pour me lancer et rendre un petit hommage à cet album.

Si ma route croise souvent celle de l’artiste, si mon soutien à ce projet n’est plus à démontrer, mes compliments sont souvent plus tacites qu’exprimés.
Alors Julien, si tu me lis, bravo. Vraiment.
Et à très vite.

Bensé - La Maroquinerie 2014


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